Témoignage d’une rescapée

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by Christine Niles  •  ChurchMilitant.com  •  October 4, 2020   

La victime d’un prêtre FSSPX décrit les conséquences désastreuses du harcèlement qu’elle a enduré

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Après la publication de notre reportage (Church Militant, Spotlight du 22 avril) qui dénonçait des décennies d’abus et de dissimulations au sein de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX), de nombreuses victimes ont pris contact avec Church Militant pour témoigner de leurs expériences personnelles sur des abus commis dans la Fraternité. Une rescapée du harcèlement d’un prêtre de la FSSPX a rédigé l’analyse suivante où elle décrit les effets dévastateurs et durables de la violence spirituelle et psychologique qu’elle a subie. Son expérience confirme également les habitudes de la FSSPX dans le traitement de ces cas : transférer les prêtres délinquants dans un autre paysIls repartent sur une nouvelle mission dans un endroit où leurs scandales passés sont inconnus et on déplore bien souvent de nouvelles victimes.


Cher lecteur,

Ces derniers temps, les informations concernant des abus sexuels commis par des prêtres ont attiré beaucoup d'attention. On entend parler ça et là de scandales, avec des degrés d’horreur et de déviance plus ou moins élevés. C’est révoltant et ça pousse à la colère, parfois contre les prêtres, parfois aussi contre les victimes. Il est cependant difficile d’appréhender ce que devient la vie de celui ou celle qui a subi une telle violence une fois qu’elle est passée. Pour un œil extérieur, la compréhension du désastre reste souvent superficielle.

Aujourd’hui, je veux témoigner de manière ouverte sur les conséquences spirituelles et psychologiques de la violence cléricale. En tant que rescapée, je veux montrer l’impact profond qu’a eu sur moi le fait d’être devenue un objet de plaisir pour quelqu’un de consacré et les dégâts qui en ont résulté. Ce récit n’est pas pour les âmes sensibles. C’est loin d’être agréable. C’est un voyage inconfortable, mais je ne veux pas fuir : ça fait partie de la personne que je suis devenue à ce jour.

Ce qui s’est passé

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L’attorney general (ministre de la justice) de Pennsylvanie, Josh Shapiro,

annonce les résultats du rapport du grand jury en août 2018

Il y a près de deux ans, un matin d’été 2018, je consultais les infos et buvais mon café comme d’habitude. Un des titres a instantanément attiré mon attention. Quelque part en Pennsylvanie, un grand jury avait déclaré que des centaines de prêtres étaient coupables d’abus sexuels. Ce fut un scandale national, et pour moi ce fut l’occasion de rouvrir un chapitre de ma vie que j’avais tout fait pour enfouir au plus profond de ma mémoire. J’étais anéantie, mais j’ai lu l’article. Ça m’a sortie du présent et m’a replongée dans un passé que j’avais désespérément essayé d’oublier.

Des années plus tôt, je venais de terminer mes études secondaires. Je n'avais pas de but dans l'existence : je me sentais perdue et sans références, j'étais une fille aux prises avec des problèmes de dépendance. J’ai grandi dans une petite ville, une ville ouvertement mais hypocritement dévouée aux grands idéaux et aux traditions catholiques. C’est une ville qui n’était pas adaptée à une fille comme moi, qui portais un pantalon, fumais de l’herbe et buvais beaucoup.

« Sous cette façade de dévotion, il y avait un terrain fertile pour la violence et les abus. »

Rien ne laissait transparaître, sous cette façade de dévotion, un terrain fertile pour la violence et les abus. Encore ignorante et naïve, je l’ai cependant aimé comme seules l’ignorance et la naïveté le peuvent. J’ai profondément aimé Dieu, l’Église et la Fraternité Saint-Pie X, un groupe dissident qui rejette Vatican II et que j’ai vu comme la seule véritable Église. J’y étais tellement attachée, qu’il me semblait impossible de parvenir au Ciel sans son assistance.

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St. Marys, Kansas, où vit une importante communauté FSSPX.

Objet d’une enquête criminelle du Kansas Bureau

of Investigation pour abus sexuels

C’est parce que j’aimais que je voulais trouver un moyen de surmonter mes faiblesses. Plus que tout, je voulais être parmi les bons et plaire à Dieu. Je voulais trouver un moyen de m’intégrer. Ainsi, peu après mes 18 ans, j’ai suivi une retraite. J’y ai rencontré un prêtre plein de charisme qui m’a promis de me venir en aide. Quelques mois plus tard, il m’a proposé de venir enseigner dans l’école d’une chapelle satellite pour remplacer un enseignant qui avait dû partir au milieu de l’année scolaire.

Je suis arrivée au milieu de l’hiver. L’église était à cette époque une petite chapelle et ce prêtre venait le week-end, pour dire la messe, pour superviser l’école et s’occuper des affaires cultuelles. À mon arrivée, il a mis une voiture à ma disposition, il m’a procuré un logement et, comme convenu, il m’a offert l’emploi pour lequel j’étais venue. Je me suis dévouée corps et âme ; la confiance était totale. J’étais convaincue d’avoir trouvé l’opportunité tant attendue de démarrer une vie nouvelle et meilleure.

Au début, tout semblait normal ; j’étais venue là-bas pour me rétablir et, lorsque l’occasion se présenta, j’ai commencé à accomplir des tâches domestiques à la maison qui lui était réservée. Un jour, il m’a dit qu’il me demanderait quelque chose une fois qu’il pourrait me faire pleinement confiance. Pour mériter cette confiance, j’ai redoublé d’efforts : cuisine, vaisselle, etc. Souvent je parlais et il m’écoutait. Puis, il a commencé à me parler de lui. Il s’est ouvert et a partagé certaines des difficultés de sa vie. Il semblait seul et malheureux, et j’avais vraiment pitié de lui.

Rétrospectivement, je m’aperçois qu’il y avait beaucoup de signes avant-coureurs que tout n’allait pas bien, mais je les ai tous rejetés. Pour moi, tout prêtre était absolument bon et irréprochable. Chaque fois que je pensais qu’il s’écartait du droit chemin, je repoussais l’idée et je m’en voulais d’avoir été mauvaise au point de douter d’un prêtre. Les prêtres représentaient Dieu pour moi, ils avaient une autorité absolue dans mon esprit et, à cause de cela, je n’ai jamais eu le moindre doute : les prêtres étaient tous bons et saints.

Puis il a commencé à me servir de l’alcool, alors qu’il connaissait mes addictions de l’époque : alcoolique à 18 ans ! Il m’a même dit : « J’entends tes confessions. Je connais tes péchés. »

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Messe de la FSSPX (photo : SSPX News)

Je m’en veux aujourd’hui d’avoir accepté, mais à l’époque c’était mon point faible. La tentation était trop forte, et j’ai bu. Oui, c’était stupide et naïf, mais à ce moment de ma vie, je ne pensais pas beaucoup à l’avenir. Je prenais les choses comme elles venaient, sans réfléchir. Il ne me venait pas à l’esprit que je fonçais droit dans un piège. Tout ce qu’il y avait de stable dans ma vie venait de lui : mon travail, ma maison, ma voiture, etc., et il me disait : « Je t’ai accueillie quand personne ne voulait de toi. » J’étais persuadée qu’il veillait sur moi, comme un ami et un père.

La Semaine Sainte est la période la plus sacrée de l’année pour les catholiques et tous les chrétiens. C’est un temps où nous nous arrêtons pour faire mémoire de la Passion du Christ, qui est mort pour nous sauver de nos péchés. À l’époque, je croyais à cela, et la Semaine Sainte était le sommet de ma foi.

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Séminaire d’Écône de la FSSPX

Le samedi avant le dimanche des Rameaux, j’étais à la maison et il m’a fait boire. Après je ne sais combien de verres, il m’a emmené dans une chambre à côté et a commencé à me toucher d’une manière extrêmement déplacée. C’était comme si une bombe venait d’exploser dans ma tête. Tout ce en quoi je croyais, toute mon éducation… tout s’est écroulé autour de moi. Pour la première fois, tous mes points de référence se sont effondrés.

Qu’un prêtre puisse faire ça ! Que j’aie été sciemment ciblée et exploitée ! il m’a fallu plus de 10 ans pour ne serait-ce que commencer à guérir. J’avais l’impression que mon monde s’était brisé et que j’étais une orpheline dans un monde dévasté.

Je me sentais complètement dépassée et j’essayais de réaliser ce qui se passait et qui il était. Je lui ai demandé : « Ne devez-vous pas dire la messe demain ? » Tout ce à quoi je pensais, c’était que ses mains consacreraient l’hostie le lendemain. Il a arrêté.

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Cérémonie de la Semaine Sainte à la chapelle

de l’Immaculée-Conception, St. Marys

Le lendemain, ça s’est reproduit. J’avais l’impression que je n’avais pas le choix. J’imaginais qu’il allait me tuer. Il n’avait pas l’air violent, mais s’il avait fait cette chose horrible, dans mon esprit n’importe quoi d’horrible pouvait arriver, et je ne voulais pas être une menace pour lui. Je ne savais plus à quoi me raccrocher, ni à quoi m’attendre. C’était le Dimanche des Rameaux et cette fois-là, c’est allé encore plus loin.

Plus tard durant la Semaine Sainte, il m’a acheté une bouteille de Schnaps ; il m’a emmenée dîner ; il s’est arrêté pour acheter des préservatifs ; il m’a emmenée dans un motel sordide et trois fois… pendant environ trois heures. Il m’a dit que ce qu’il voulait me demander, une fois qu’il aurait toute ma confiance, c’était de l’accompagner dans un bar ! Et moi qui croyais naïvement qu’il voulait me faire faire de grandes choses ! À l’époque, je voulais aller en Inde pour enseigner et il disait pouvoir concrétiser ce rêve. Si depuis le début sa seule intention était de gagner ma confiance pour m’emmener dans un bar, alors ça voulait dire que, depuis le début, sa seule intention était de m’exploiter et de profiter de mes faiblesses.

Le lendemain, il m’a virée et m’a payé un billet de retour. Il a appelé les prêtres de la ville où je rentrais et leur a dit qu’il m’avait virée parce que j’étais folle et que je racontais des histoires sur un autre (bon) prêtre. Il s’est justifié à son supérieur en expliquant qu’il m’avait renvoyée parce que je ne remplissais pas correctement mon emploi à l’école. Il m’a envoyé un e-mail par la suite disant qu’il avait dû me laisser partir parce que j’étais un « danger pour moi-même et pour les autres » et qu’il était navré de « la façon dont il m’avait laissée tomber », qu’il m’avait « fait venir pour me rétablir, mais que cela n’avait rien donné ».

« J’entends tes confessions. Je connais tes péchés. »
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Mgr Bernard Fellay, supérieur général pendant 24 ans.

Il a muté le prêtre quand il a été mis au courant des abus

Je ne savais pas que j’aurais dû aller voir la police. Je ne comprenais pas le concept de prédation sexuelle, d’exploitation ou d’abus de pouvoir. Je pensais que ce qui était arrivé était de ma faute. Et bien sûr, je pensais encore à l’époque que, en toute chose, la réponse était d’aller voir un prêtre. Alors j’en ai vu plusieurs. Le premier à qui j’ai parlé m’a accusée de chercher à attirer l’attention sur moi et il m’a surtout menacée. Il m’a dit que si je ne pouvais rien prouver, nulle part au monde je ne pourrais être en sécurité.

Cela m’a encore plus effrayée, et il fallut de longs mois de discussions et de questions avec différents prêtres pour qu’on finisse par me croire. On m’a alors assurée que le prêtre en question serait muté dans un autre pays. C’était sa récompense : un nouveau départ dans un autre pays où il pourrait continuer à faire ce qu’il avait fait ici et où personne n’en saurait rien. Finalement, il n’y est pas allé : il a choisi d’abandonner son sacerdoce.

Conséquences dévastatrices

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« Il y avait des jours où je me sentais tellement haïe de

Dieu que même la mort n’était pas une échappatoire. »

En septembre de cette année-là, j’ai tenté de me suicider. La FSSPX a alors décidé de prendre des mesures pour m’aider : ils m’ont envoyée dans un couvent en France avec un visa de trois mois... et c’est tout ! Il ne me restait absolument rien, pas même un endroit où aller.

L’agression sexuelle n’est pas qu’une injustice physique. Même si les actes sont momentanés, les conséquences durent toute la vie. Pour moi, ces conséquences se sont amplifiées avec le temps. Je me sentais impuissante, sans voix et isolée. Mon identité m’a été enlevée ; mon pouvoir d’aimer et de voir le bien autour de moi a été endommagé. Les abus perpétrés par un homme de Dieu ont privé mon âme de sa capacité à voir l’amour en Dieu.

Au début, j’ai continué à me rendre à l’église, pendant environ deux ans. Ce n’est qu’en 2018 que j’ai tenté un retour quand j’ai commencé à guérir de ce qui s’était passé. J’étais toujours à la cherche d’une solution pour enrayer ce qui me détruisait de l’intérieur. Mais je n’ai pas trouvé de réconfort dans la pratique religieuse ; en fait, c’était exactement le contraire. J’avais des crises de panique au moment de franchir le seuil de l’église. Pendant la messe, je n’arrivais plus à me concentrer et je me débattais physiquement pour éviter de pleurer et pour tenir le coup. Je m’asseyais à l’arrière le plus près possible de la porte, et j’essayais de ne pas me faire remarquer.

« En septembre de cette année-là, j’ai tenté de me suicider. »

Arrivée à l’épître, je me sentais complètement épuisée et détruite, mais je continuais à avancer, pensant que c’était la seule façon pour que Dieu m’aime à nouveau. Je me suis senti abandonnée par Dieu et j’ai pensé qu’il voulait me punir. Il y avait des jours où je me sentais tellement haïe de Dieu que même la mort n’était pas une échappatoire. Ma poitrine me faisait mal, mes mains s’engourdissaient, j’avais l’impression que le temps ralentissait. Les larmes s’étaient substituées aux prières que, de toute façon, je n’arrivais plus à prononcer.

La dépression s’est accentuée. J’ai tout essayé : prière, parler à un prêtre, médicaments, thérapie, stimulation magnétique transcrânienne. La douleur intérieure n’a fait que croître de façon exponentielle. J’ai des cicatrices sur les bras, chacune associée à une pensée pour Dieu. Ne sachant plus si je pourrais survivre, j’ai eu l’impression de me rétrécir intérieurement pour trouver un passage. Je me sentais comme une petite enfant assise à l’intérieur du corps adulte d’une autre personne, comme une poupée russe. Je m’adressais à cet être qui m’aidait à m’en sortir en l’appelant "Personne." Qui êtes-vous ? Personne.

Quand les souvenirs sont remontés à la surface, j’ai eu des cauchemars. Une nuit j’ai rêvé que je subissais viol et strangulation. C’était un rêve tellement vivant que j’ai eu l’impression de quitter mon corps et il me semblait que ce qui se passait se produisait dans un univers parallèle. Le lendemain matin, j’ai eu mal à la gorge comme si ça avait réellement eu lieu. Les viols que j'ai subis ne s'accompagnaient pas de violences mais, avec ou sans violence, les cicatrices intérieures sont les mêmes. Les blessures internes, celles de là où l’âme et le mental se rejoignent, guérissent beaucoup plus lentement que n’importe quelle blessure physique.

J’ai vécu cette époque et les souvenirs du passé comme si j’étais Le Portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde ; comme si j’avais été peinte dans une laideur abominable pour laquelle le pardon est impossible. Je ressentais ça si fortement que j’avais du mal à me regarder dans la glace : pour éviter de voir mon reflet complet, je me maquillais en compartimentant mon visage. J’avais une image de moi-même toute fragmentée comme un Picasso.

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Le KBI enquête activement sur tous les diocèses

catholiques de l’état du Kansas ainsi que sur la FSSPX

La peur et la culpabilité m’ont gardée prisonnière pendant longtemps. Les bons souvenirs restaient enfouis en moi et du passé ne ressortaient que les images honteuses. Une question troublante me hantait constamment : ai-je consenti ? Mon corps s’est-il laissé aller comme si cette relation avait été normale ? Je ne m’en souviens pas. Mais même si j’en avais à nouveau le souvenir, je suis certaine aujourd’hui que ce qui est arrivé n’était pas ma faute.

Je me suis sentie coupable de n’avoir trouvé aucun moyen de contrer ses avances ; je me suis rendue sans me battre ni protester. J’ai voulu garder le silence car je savais qu’en parlant il aurait fallu faire face à un examen minutieux et j’avais peur de devoir me dévoiler devant un public impitoyable et de voir ma vie exposée. Je sais ce que les gens peuvent dire et diront sûrement. Ils diront : vous n’aviez peut-être que 18 ans, mais c’est ce que vous vouliez. Mais ce n’est pas vrai. Ils peuvent dire : vous n’avez pas dit non, vous n’avez pas combattu, vous n’avez pas fui — et ça c’est vrai. Les gens peuvent montrer du doigt mes nombreuses erreurs, et je ne pourrai jamais dire que j’étais une sainte. Certes, je ne l’étais pas, et c’est précisément ce qui m’a rendue vulnérable. J’ai fait confiance à un prêtre, à un mauvais prêtre, et ça a changé ma vie pour toujours.

J’ai passé des années à me faire du mal à cause de tout cela, à penser que ce qui s’est passé était de ma faute. J’ai pensé que ce qui m’était arrivé avait eu lieu parce que j’étais quelqu’un de mauvais, et le fait que cela se soit produit a fait de moi quelqu’un de pire. J’ai ressenti du désespoir. J’ai cherché Dieu et je n’ai pas trouvé de réponse. Je pense que s’Il me cherchait Lui aussi, je l’aurais déjà trouvé.

Même si j’espère enfin pouvoir un jour tourner la page, je me sens parfois coupable d’avoir parlé. Je suis contrite et je souffre depuis des années. Je panique encore et je pense devoir le silence à ceux qui me font du mal. Il y a maintenant des nuits où je rêve qu’on me tue parce que j’ai parlé. Pourquoi? Je ne sais pas, mais je sais que la peur, la culpabilité et la honte ont fait de moi une otage depuis trop longtemps.

Si vous lisez ceci et que vous aussi avez été abusé d’une façon ou d’une autre, je veux juste que vous sachiez que ce qui s’est passé n’est pas arrivé par votre faute. Vous n’êtes pas quelqu’un de mauvais. Les conséquences, parfois si terribles, ne sont pas de votre fait. Dire le contraire serait un mensonge. J’espère que vous savez que vous n’êtes pas le ou la seule à ressentir cette culpabilité. Demandez de l’aide. Il n’est jamais trop tard pour signaler un abus. Vous valez l’investissement nécessaire pour vous rendre la paix et vous guérir.

Pour vous, fidèles, je sais combien il peut être déchirant et “flippant” de réaliser que celui qui représente Dieu puisse trahir votre confiance d’une manière aussi horrible. Je sais qu’il est plus facile de se voiler la face quand on n’a pas été confronté à ça. Mais si un jour il s’agissait de votre enfant ? Et si vous pouviez empêcher ces abus ?

« Le silence est complice quand on choisit de protéger une prétendue “bonne” réputation plutôt que les âmes. »

Le silence est complice quand on choisit de protéger une prétendue “bonne” réputation plutôt que les âmes. L’obéissance est lâcheté quand elle se soumet à l’injustice. Les hommes pervers qui se cachent derrière Dieu et la religion se moquent des deux. Le mal n’est pas une menace lointaine ; il existe plus près que nous voulons l’admettre, et la prière seule ne suffit pas à le chasser.

Le clergé doit être tenu responsable de ses actes. Il faut rendre des comptes pour chaque âme détruite par les actions des hommes qui auraient dû les protéger et pour chaque supérieur qui a fermé les yeux sur des horreurs.

Cela dit, je sais qu’il y a de bons prêtres. J’espère qu’ils sauront se montrer plus sévères envers les prédateurs qui se cachent dans leurs rangs. Que ces bons se fassent entendre et réagissent avant que les abus généralisés et banalisés sur le long terme ne deviennent un problème institutionnel. Qu’ils exigent un vrai changement et des progrès réels. Il faudra beaucoup d’humilité et de courage pour y parvenir, et c’est un fardeau qui repose sur chacun.

Sincèrement,

Une rescapée
 

Translated by William Andrew.

Lisez cet article en anglais.

 

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